Il ne fallait pas s’attendre à un retour à la normale en 2025, avec le retour au pouvoir de Donald Trump. Il était probable que l’année soit marquée par des interventions d’ordre géopolitique, mais leur ampleur restait une inconnue. Tant l’économie que les marchés financiers en ont vu de toutes les couleurs.
La politique extérieure et la politique commerciale des États-Unis ont déstabilisé aussi bien les entreprises que les ménages. L’industrie, déjà à la peine ces trois dernières années, a évolué en dessous de ses capacités, cette année encore. Le secteur tertiaire, en revanche, affiche une hausse solide et a soutenu la croissance économique mondiale. Celle-ci se porte plutôt bien, à la lecture des chiffres actuels, malgré le contexte exigeant : la croissance est de 2 % aux États-Unis et d’un peu plus de 1 % dans la zone euro et en Suisse.
Les difficultés de ces dernières années n’ont pas épargné le marché du travail. Aux États-Unis et dans notre pays, le taux de chômage a progressé de 0,4 point de pourcentage par rapport à 2024. Aux États-Unis, le taux était de 4,4 %, une valeur inférieure à la moyenne à long terme. À 3 %, le marché suisse du travail se situe plus ou moins au niveau de sa moyenne à long terme. Dans la zone euro, le rapport entre les personnes sans emploi et les actifs est resté stable.
La situation est plus contrastée sur le front de l’inflation. En Suisse, le renchérissement s’est replié et dépasse à peine à 0 %. Dans la zone euro, l’inflation se situait dans la fourchette cible de 2 %. Aux États-Unis, elle a été supérieure à l’objectif cible en 2025 aussi et s’élevait à 2,7 %, à la fin de l’année. Les disparités se reflètent également dans les trajectoires des taux directeurs.
La Banque centrale européenne (BCE) et la Banque nationale suisse (BNS) ont poursuivi leur cycle d’assouplissement jusqu’en juin. À la fin de l’année, le taux directeur de la BCE était de 2 % et celui de la BNS de 0 %. Même, si dans leurs prévisions, les marchés tablaient passagèrement sur un retour aux taux négatifs, les conditions sont néanmoins loin d’être réunies pour qu’un tel scénario se produise. La Banque centrale américaine (Fed) n’a pas abaissé son taux directeur pendant un certain temps. Elle s’est montrée prudente, au vu de l’augmentation de l’inflation, de la conjoncture solide et des inconnues liées à la nouvelle politique commerciale du gouvernement américain. Ce n’est qu’au second semestre qu’elle a procédé à deux desserrements, réduisant son taux à 3,75 %.
Les taux longs ont, eux aussi, évolué de différentes manières. Les rendements des emprunts à 10 ans de la Confédération ont oscillé autour de 0,33 % fin 2025, un niveau similaire à celui de 2024 alors que ceux des États-Unis à 10 ans ont chuté et ceux de la zone euro ont en majeure partie connu une tendance haussière. La progression en Europe a fait suite à l’annonce de l’Allemagne, en février 2025, d’augmenter fortement les dépenses publiques. Combinées aux abaissements des taux, les courbes des taux se sont normalisées au second semestre, à savoir que les taux courts étaient inférieurs aux taux longs.
Les marchés financiers sont passés par tous les états d’âmes mais, en fin d’année, la plupart des classes d’actifs ont enregistré une bonne, voire une très bonne, performance. Les marchés d’actions européens et helvétique ont démarré l’année en fanfare. En avril, ils se sont effondrés de 15 % environ, suite aux déclarations de Donald Trump concernant les droits de douane. Cette baisse a pu être épongée au second semestre. Un rallye a été observé en fin d’année. Exprimés en monnaies locales, les indices d’actions de certains pays d’Europe et d’Amérique ont inscrit de nouveaux records. Il est à noter que les actions des pays émergents ont enregistré une évolution réjouissante. Exprimée en francs suisses, leur performance atteint 17 % et égale celle des actions suisses, qui ont néanmoins été battues par les actions européennes (19 %). Compte tenu de la faiblesse du dollar américain, la performance des actions américaines en francs suisses est nettement inférieure (3 %). L’or a continué son envolée en 2025 : son prix a augmenté de 45 %, exprimé en francs suisses. Les fonds immobiliers suisses ont, eux aussi, bien progressé (10 % environ). Si 2024 avait été une année faste pour les placements. 2025 n’a pas été en reste, la performance ayant été très solide également